leur nudité sous de misérables haillons. Ces malheu-reux entassés les uns sur les autres couvraient le ponttout entier. Us avaient seulement conservé au milieud’eux un espace de cinq ou six pieds carrés où chacunvenait a son tour exécuter une danse originale, auxsons d’une petite mandoline longue d’un pied et arméed’une seule corde. Pendant les douze heures du jour,la place n’était jamais vide. Ce spectacle digne de pitiéétait un avant-propos de ce (pic nous allions voir, uneimage diminuée de cette Turquie , qui présente sanscesse a côté des tableaux enchanteurs d’une nature pri-vilégiée , les scènes attristantes de la servitude et de lamisère humaine.
Le bâtiment, emporté par les courants de la mer de Marmara , passe devant Saint-Stephano, longe les mu-railles de la ville et vient doubler la pointe du Sérail.Dès qu’on l’a dépassée , on se trouve en face du mer-veilleux panorama de Constantinople .
Le port est formé par l’embouchure du lîarbvzèspetit fleuve connu, ainsi que la vallée qu’il arrose,sous le nom gracieux d’eaux douces d’Europe . Ilvient se joindre au Bosphore , entre deux coteauxresserrés, dont l’un porte la ville franque de Péra etde Oalata, et l’autre la ville turque de Stamboul. La