temps un brick marchand ou un gros navire de guerre,avec ses voiles enllées, entre dans les eaux du port, etva se perdre dans la forêt mouvante de mâts, de cor-dages et de pavillons qui ferme l’horizon du côté deseaux douces d’Europe . Des milliers de pigeons bleus oude colombes blanches volent autour du dôme des mos-quées, ou viennent s’aligner sur les murs crénelés dusérail, pendant que sur la mer des goélands familiersarrondissant les ailes , comme de petits cygnes, nagentau milieu des caïks rapides.
Chacune des trois villes, qui forment cet ensemblesurprenant, a sa physionomie particulière:
Stamboul a toutes les splendeurs des jardins d’Eski-Seraï, qui s’avancent en pointe sur l’ouverture dugolfe. Ce promontoire est formé par le dos arrondi d’unecolline qui s’abaisse graduellement jusqu’au port. Lecoteau est dominé par le sérail du grand-seigneur, etson extrémité qui touche a la mer est bordée par lesmystérieux kiosks du harem. Tout l’espace intérieur, quiest immense, est peuplé de grands arbres. Les maisonsde la ville turque , peintes des couleurs éclatantes ré-servées aux Musulmans, contrastent avec la teinte griseou brune des maisons de Péra. La masse imposante deSainte-Sophie , de la Soleymanié, des mosquées du