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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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CONSTANTINOPLE . G7

temps un brick marchand ou un gros navire de guerre,avec ses voiles enllées, entre dans les eaux du port, etva se perdre dans la forêt mouvante de mâts, de cor-dages et de pavillons qui ferme lhorizon du côté deseaux douces dEurope . Des milliers de pigeons bleus oude colombes blanches volent autour du dôme des mos-quées, ou viennent saligner sur les murs crénelés dusérail, pendant que sur la mer des goélands familiersarrondissant les ailes , comme de petits cygnes, nagentau milieu des caïks rapides.

Chacune des trois villes, qui forment cet ensemblesurprenant, a sa physionomie particulière:

Stamboul a toutes les splendeurs des jardins dEski-Seraï, qui savancent en pointe sur louverture dugolfe. Ce promontoire est formé par le dos arrondi dunecolline qui sabaisse graduellement jusquau port. Lecoteau est dominé par le sérail du grand-seigneur, etson extrémité qui touche a la mer est bordée par lesmystérieux kiosks du harem. Tout lespace intérieur, quiest immense, est peuplé de grands arbres. Les maisonsde la ville turque , peintes des couleurs éclatantes ré-servées aux Musulmans, contrastent avec la teinte griseou brune des maisons de Péra. La masse imposante deSainte-Sophie , de la Soleymanié, des mosquées du