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On a souvent établi des parallèles entre le golfe deNaples et celui de Constantinople . Ce sont évidemmentdeux magnifiques choses, mais qui nous semblent ap-partenir a des ordres de beauté différents. Ce qui faitsurtout la beauté de Naples , c’est l’ordonnance simpleet gracieuse du paysage, la pureté des lignes, la gran-deur sévère des horizons, les contours arrondis dugolfe et de ses rives; ce qui distingue Constantinople ,au contraire, c’est la variété infinie des plans et destableaux, l’étrangeté de la disposition et de la décora-tion , la confusion harmonieuse des lignes. La vue delu baie de Naples repose l’esprit et les yeux ; l’aspect dela Cornc-d’Or éblouit par la multiplicité des détails.Enfin Naples nous semble avoir le caractère simple etélevé d’une grande scène de la nature ; Constantinople nous apparaît comme une décoration féerique pourlaquelle l’imagination aurait épuisé toutes ses fantaisieset ses caprices.
Nous ne disons ceci que sous le point de vue de l’art :mais si on considère la force de la position militaire deConstantinople ; si l’on songe 'a son importance com-merciale et à la sécurité de son port; si l’on observequ’elle occupe une position sans égale, au point dejonction de deux mers dont elle est l’entrepôt, on recon-