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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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CONSTANTINOPLE .

liait que cest la une de ces villes nécessaires quisurvivent fatalement a toutes les révolutions, et on con-çoit que plus de vingt années soient venues se lieurtersous ses murs pour sarracher cette reine des mers queles Turcs ont surnommée Oummédounia , la mère dumonde.

Du reste , elle semble avoir porté malheur a tous lespeuples qui ont joui de sa beauté fatale. Elle a vumourir les Grecs dégénérés du Bas-Empire et passer lesdernières lueurs de la gloire de Venise et de Gênes .Aujourdhui elle voit sécrouler et séteindre dans ladécrépitude ce peuple qui, il y a quelques siècles, faisaittrembler lEurope et qui couvrait de ses armées les troisparties du monde.

De tous les monuments quont occupé le sol de cettegrande ville, il ne reste plus que quelques églises con-verties en mosquées, un obélisque égyptien , un aque-duc coupé, une pyramide a moitié démolie, une co-lonne bridée. Les remparts sont encore debout, telsque les ont laissés les sièges et les tremblements deterre; ils ne renferment plus la ville savante et monu-mentale de Constantin , mais un village de quatre centmille âmes, habité par une peuplade ignorante etbarbare.