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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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CONSTANTINOPLE. *3

lit l'art 11'a pas créé pour lintcDigcnce une sourcepermanente démotions et denthousiasme; la ilny a aucun enseignement a retirer de létude moraledun peuple, dès que l'attrait de la nouveauté sest éva-noui, lesprit est en proie aux dégoûts de la tristesse etde la lassitude. Mais, ici, le remède est à côté du mal,et la nature a compensé par une merveilleuse beautédensemble labsence des œuvres et des travaux person-nels de lhumanité. Cest une nouvelle série de jouis-sances lintelligence a peu de part, mais les yeuxet lâme se reposent dans une muette contemplation.Sous le ciel ardent de lOrient, au milieu dune atmo-sphère tiède, on se laisse aller facilement à la mollessedu corps et à la paresse de lesprit. Les Turcs ont créépour cela un mot particulier parce quil exprime unétat habituel de leur être. Ils appellent cela faire le bief.Us ont su choisir avec intelligence les lieux consacrés àces béates extases. Ce sont, en général, des sites élevéset bien ombragés d lœil peut embrasser un richehorizon ou se perdre dans les gracieux contours dunpaysage riant et accidenté. Cest une chose délicieuseque daller fumer un narghilé au café du pacha a Top-Khana, lorsque la brise du soir apporte les parfumsirritants quexhale la mer, quand le soleil qui se couche