CONSTANTINOPLE. *3
lit où l'art 11'a pas créé pour l’intcDigcnce une sourcepermanente d’émotions et d’enthousiasme; la où iln’y a aucun enseignement a retirer de l’étude moraled’un peuple, dès que l'attrait de la nouveauté s’est éva-noui, l’esprit est en proie aux dégoûts de la tristesse etde la lassitude. Mais, ici, le remède est à côté du mal,et la nature a compensé par une merveilleuse beautéd’ensemble l’absence des œuvres et des travaux person-nels de l’humanité. C’est une nouvelle série de jouis-sances où l’intelligence a peu de part, mais où les yeuxet l’âme se reposent dans une muette contemplation.Sous le ciel ardent de l’Orient, au milieu d’une atmo-sphère tiède, on se laisse aller facilement à la mollessedu corps et à la paresse de l’esprit. Les Turcs ont créépour cela un mot particulier parce qu’il exprime unétat habituel de leur être. Ils appellent cela faire le bief.Us ont su choisir avec intelligence les lieux consacrés àces béates extases. Ce sont, en général, des sites élevéset bien ombragés d’où l’œil peut embrasser un richehorizon ou se perdre dans les gracieux contours d’unpaysage riant et accidenté. C’est une chose délicieuseque d’aller fumer un narghilé au café du pacha a Top-Khana, lorsque la brise du soir apporte les parfumsirritants qu’exhale la mer, quand le soleil qui se couche