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éclaire d’un redet sanglant les jardins d’Eski-Séraï etle golfe de la Cornc-d’Or; ou bien d’aller s’établir au-près d’une fenêtre de la tour aérienne de Galata et devoir se dérouler à ses pieds le tableau extraordinairede Constantinople , du lîospliore et de la mer de Mar mara .
Les promenades les plus fréquentées sont les cime-tières. Le petit champ des morts situé sur le versantdu coteau de Péra qui regarde le port, est un bois decyprès coupé par de jolis sentiers. 11 domine la partiehaute de la Corne-d’Or et le bassin de l’arsenal. Sa po-sition au milieu de la ville en fait un lieu de délasse-ment et de rendez-vous.
Mais c’est au grand Champ-des-Morts que se portela foule dans les soirées du printemps et de l’automne.Il s’étend a l’autre extrémité de la rue qui traversePéra: Les Arméniennes, dont les beaux yeux brillent sousun voile mal fermé, les dames franques, les Grecquescoquettes et provoquantes, les Pérotes vêtues d’un cos-tume mixte , se dispersent en groupes animés dans lescimetières chrétiens, sous l’ombre des mûriers et dessycomores. Plus loin, dans un lieu solitaire, s’élèventles hauts cyprès des cimetières turcs qui ont protégé deleurs ombres mystérieuses [dus d’un amoureux entre-