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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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CONSTANTINOPLE .

voirs d partent les eaux pour aller remplir lesaqueducs de Péra. On les appelle en langue turque :bends (réservoirs) ; mais par une heureuse corruptionde langage, ils ont pris dans la langue franque le nomde bains de Diane. Nulle part, en effet, la sévère déessenaurait pu rencontrer une retraite plus mystérieusepour livrer son beau corps aux caresses de leau, aprèsles fatigues dune longue chasse.

Dans un des carrefours de la forêt, se cache le petitvillage de lîelgrade, les riches Francs ont leursmaisons de chasse. Cest la aussi que les femmes vien-nent au printemps jouir du calme des bois.

En retournant aux Faux-Douces par les hauteurs,on aperçoit, par des échappées, le Bosphore et la MerNoir.

Un jour que nous revenions dune de ces excursions,couchés dans notre barque, et nous laissant aller auximpressions dune soirée parfumée du mois de mai,nous descendions la rivière au moment tout rentraitdéjà sous la puissance de lombre et de la solitude.Nous fûmes surpris de voir venir a nous plusieursombres noires. Nous limes arrêter les rameurs, et nousvimes aux vagues lueurs du crépuscule plusieurs caïkssarrêter dans une anse du rivage. Des Turcs en des-