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des Turcs rêveurs, accroupis au pied des arbres, con-templent avec des yeux distraits cette scène naïve qu'ondirait empruntée à un vallon de l’Arcadie antique.
A deux lieues de la s’étendent les vastes forêts deliclgrade, où Ton trouve d’autres tableaux et d’autresimpressions.
Quand on pénètre dans l’intérieur de ces immensesforêts, on se croit égaré dans un vallon solitaire duNouveau-Monde. Le regard se perd sous des voûtesmassives de feuillage, au milieu de chênes que la hachen’a jamais touchés. De temps en temps, les arbres s’écar-tent pour faire place a une prairie vierge, qu’entoureun horizon de verdure. Les petits chevaux turcs lancésau galop a travers ces silencieuses retraites, fran-chissent les ravins et les ruisseaux, déchirent la moussesous leurs pieds, laissent derrière eux un long sillondans les herbes , puis rentrent sous la voûte desarbres pendant que le cavalier ravi s’incline sur leurcol, pour éviter le choc des branches.
Quelquefois, au milieu d’une vallée, on rencontretout a coup un mur de cinquante ou soixante pieds de* liant. Derrière ce mur, un ruisseau arrêté par cet obs-tacle, a formé un lac charmant couronné d’arbres dontles branches trempent dans l’eau. Ce sont les réser-
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