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nous eommem.'âmes à nous inquiéter Je l’immobiliLédu bateau. Nous sentions grandir en nous cette impa-tience liévreusc que donne une longue attente. Il étaitneuf heures. Cela faisait cinq bonnes heures de retard.Nous nous agitions sans cesse sur nos tapis, nousfumions deux fois trop vite. Nos graves voisins présen-taient le contraste le plus achevé. Aucune nuance d’in-quiétude n’avait plissé leur front. Leurs yeux expri-maient le calme de la pensée; ils étaient dans l’extasedu repos. Cnfin, a bout de patience, j’appelai a monaide mon drogman , et j’allai trouver le capitaine.
— Dieu vous accompagne , seigneur capitaine.
— Est-ce que nous allons passer la journée a l’ancre?
— Qui sait?
— Mais enfin, quand partirons-nous?
— Et pensez-vous que Dieu le veuille bientôt?
— Nous verrons.
Les trois réponses valaient trois soufflets. Mais heu-reusement nous étions en Turquie depuis assez long-temps pour savoir que ce n’était point là une insolenteprovocation, mais bien l’expression de cette incerti-tude tranquille qui est le fond du caractère turc.