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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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nous eommem.'âmes à nous inquiéter Je limmobiliLédu bateau. Nous sentions grandir en nous cette impa-tience liévreusc que donne une longue attente. Il étaitneuf heures. Cela faisait cinq bonnes heures de retard.Nous nous agitions sans cesse sur nos tapis, nousfumions deux fois trop vite. Nos graves voisins présen-taient le contraste le plus achevé. Aucune nuance din-quiétude navait plissé leur front. Leurs yeux expri-maient le calme de la pensée; ils étaient dans lextasedu repos. Cnfin, a bout de patience, jappelai a monaide mon drogman , et jallai trouver le capitaine.

Dieu vous accompagne , seigneur capitaine.

Que Dieu vous le rende.

Est-ce que nous allons passer la journée a lancre?

Qui sait?

Mais enfin, quand partirons-nous?

Quand Dieu le voudra.

Et pensez-vous que Dieu le veuille bientôt?

Nous verrons.

Les trois réponses valaient trois soufflets. Mais heu-reusement nous étions en Turquie depuis assez long-temps pour savoir que ce nétait point une insolenteprovocation, mais bien lexpression de cette incerti-tude tranquille qui est le fond du caractère turc.