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scène extraordinaire, se prend à rêver involontairement.Puis son imagination s’élance dans les espaces de l’ave-nir; il devance , par le désir, l’heure de la civilisation ;il entrevoit des salons resplendissants de marbres ; lesvoiles qui cachaient les beaux yeux et les bouches auxdouces paroles, les manteaux ternes qui couvraient lesfines tailles et les costumes éclatants tombent devantses yeux doués d’une seconde vue; et sous ces lambriséblouissants, toutes les nations de l’Orient oubliant leursvieilles haines, confondant leurs riches costumes, fonttrembler les jrarquets de cèdre sous les pas cadencés dela Itomaïque et des danses persanes, se rencontrantavec les quadrilles européens sous un climat voluptueux,au milieu des enivrements d° la musique, pendant quetous les parfums del’Arabie fument dans des cassolettesd’or.
En attendant la réalisation de ces rêves, llroussa aconservé dans toute leur pureté les dogmes sacrés duUoran. Elle n’a pas ouvert sa porte aux innovateurs,comme Stamboul qui devient une ville cosmopolite,sans nationalité, sans unité. Elle est restée ticlèle auxantiques usages. L’ancien costume turc s’est conservél'a dans toute sa beauté; et le peuple a gardé sa natio-nalité ombrageuse et jalouse. Il n’y a presque pas de