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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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ET LE MONT OLVMl'E. m

à penser. Voilà pourquoi nous navions pas oublié nospistolets.

La neige était gelée, et présentait une surface solide,en sorte que nous marchions assez vite. Des sapins demoindre taille que ceux que nous avions traversés,croissaient à de rares intervalles dans les crevasses durocher. Enfin, après une ascension pénible, nous sur-gîmes tout à coup sur une des trois crêtes de la mon-tagne , et nous nous trouvâmes au centre dun horizonimmense. On découvrait dun côté les ruines de Nicée ,indiquées par un lac qui étincelait au soleil, la mer deMarmara , semée diles, avec une côte découpée pardes caps arrondis, et puis, dans un lointain vaporeux,la place est Constantinople . De lautre côté, le lacAboulion , Appolonia, Dorylée, et les plaines de lAna-tolie. Spectacle grandiose et émouvant quon noubliejamais quand on la entrevu une fois !

Au moment nous touchions au faîte de la mon-tagne , un aigle, ouvrant ses grandes ailes, était partibruyamment et sétait élevé dans le ciel. Nous avionssalué loiseau de Jupiter comme un ami attendu surcet Olympe, dont le nom est si fameux, dont le som-met fut environné de tant de prestiges. 11 avait laisséchoir sur la place une des plumes de son aile; je la