ET LE MONT OLVMl'E. m
à penser. Voilà pourquoi nous n’avions pas oublié nospistolets.
La neige était gelée, et présentait une surface solide,en sorte que nous marchions assez vite. Des sapins demoindre taille que ceux que nous avions traversés,croissaient à de rares intervalles dans les crevasses durocher. Enfin, après une ascension pénible, nous sur-gîmes tout à coup sur une des trois crêtes de la mon-tagne , et nous nous trouvâmes au centre d’un horizonimmense. On découvrait d’un côté les ruines de N’icée ,indiquées par un lac qui étincelait au soleil, la mer deMarmara , semée d’iles, avec une côte découpée pardes caps arrondis, et puis, dans un lointain vaporeux,la place où est Constantinople . De l’autre côté, le lacAboulion , Appolonia, Dorylée, et les plaines de l’Ana-tolie. —Spectacle grandiose et émouvant qu’on n’oubliejamais quand on l’a entrevu une fois !
Au moment où nous touchions au faîte de la mon-tagne , un aigle, ouvrant ses grandes ailes, était partibruyamment et s’était élevé dans le ciel. Nous avionssalué l’oiseau de Jupiter comme un ami attendu surcet Olympe, dont le nom est si fameux, dont le som-met fut environné de tant de prestiges. 11 avait laisséchoir sur la place une des plumes de son aile; je la