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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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BBOUSSA

I 21

ramassai, et je Fai rapportée connue un souvenir decette belle journée.

Quand la nuit tombait, nous rentrâmes à Broussa,harassés de fatigue, et un llacon de vin de lOlympenous Ut voir, dans nos rêves, le cercle merveilleux desdieux mythologiques assis sur cette crête formidable.

Notre retour de Broussa à Gheinblek se fit par unejournée magnifique. Tout autour de la ville, cette richenature de lAsie déployait ses enchantements. Mais laligne de culture 11e sétend pas à un rayon de plus dedeux lieues. Il en est ainsi dans toute la Turquie . Lereste du pays est abandonné. On ne peut sempêcherde penser, en regardant tous ces champs fertiles laissésen friche, à ces milliers de familles qui meurent defaim dans les grandes villes de la France et de lAngle-terre , et qui pourraient faire jaillir tant de richessesde ce sol inexploité. Vers le milieu de la plaine, nousrencontrâmes un grand marais que traverse le Nilufer .Des cigognes, des hérons, nous regardaient au borddu chemin, sans seffrayer de notre présence, et dim-menses troupeaux de buffles, plongés dans leau jus-quau cou pour se défendre ,de la chaleur de midi,laissaient voir seulement leurs têtes difformes qui expri-maient une béate extase. Nos chevaux marchaient dans