136
LES SPORADES.
y entretient la fraîcheur. Un cafetier turc a établi sonfourneau en plein air, à l’ombre de ces arbres. De là,l’œil, en suivant l’ouverture de la vallée, se repose surl'horizon de la mer. C’est en ce lieu, dit-on, que lefameux rhéteur Esrhine, exilé d’Athènes , venait ensei-gner l’éloquence.
De jeunes lilles grecques s’eu vont par les chemins,portant sur leurs épaules des chapelets de sequins d’orenlilés à leurs cheveux. C’est l'a leur plus grande pa-rure ; il faut que la misère les presse d’une manièrebien vive pour les décider à se priver de cet ornementfavori. Elles portent souvent toute leur dot dans leurscheveux.
.Nous avons connu à Rhodes un rabbin juif qui nousa semblé avoir conservé dans toute leur simplicité lesanciennes mœurs patriarcales; on le voit se promenerau bazar, avec son bâton blanc a la main, s’asseoir surle devant des échoppes, causer, juger les différendsd’une manière toute paternelle. Cet excellent vieillardnous a reçus dans sa famille ; il a douze enfants, parmilesquels plusieurs lilles d’une grande beauté. Pen-dant qu’il nous offrait le repas de bienvenue, ses filsdebout s’empressaient à nous servir. Nulle part nousn’avons trouvé les traditions de l’hospitalité antique,