LES SPORADES.
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pratiquées d’une manière plus touchante et plus naïve.
Au demeurant, Rhodes est une des plus belles îlesde la Méditerranée ; la vie y est heureuse et facile ; leclimat est très-sain, et les vents d’ouest, qui soufllentpendant plusieurs mois de suite , y tempèrent les cha-leurs ardentes de l’été.
L’île de Rhodes clôt, pour ainsi dire, l’Archipel desSporades. Au delà, jusqu’à Chypre, l’œil ne rencoutreplus que les horizons vastes et solitaires de la pleine mer,et quand on arrive en vue des côtes, on ne retrouveplus les paysages animés de l’ile des Roses. Une plagedépouillée, et brûlée par le soleil, des montagnes che-nues entourent cette île que l’antiquité avait peuplée,de ses plus poétiques fictions. La rade et la ville de Lar-naca, vues de la mer, présentent cependant un tableauplein de caractère; elles commencent à réaliser l’idéequ’on se fait en général d’une ville orientale. Des groupesde maisons blanches sont épars sur la plage, et au-des-sus d’eux s’élèvent de grands palmiers, dont la sil-houette originale se détache sur un fond grisâtre ;devant tout cela s’étend la mer, et au-dessus éclateun ciel resplendissant. Mais si on descènd à terre, onne trouve qu’un triste amas de maisons bâties avec dela boue, et habitées par une population misérable. Le