I.is LES S PO K A DES.
soleil éblouit les yeu\; une poussière blanche et linecharge l'atmosphère, et la ville vue de près produit,selon l’expression d’un spirituel artiste, l’effet d’une« planète regardée à brûle-pourpoint. »
Pour aller du village de la Marine à la ville de Lar-naca, qui en esttrès-rapprocliée,on traverse des champsqui, après la moisson , ont l’air d’avoir été. brûlés parle feu du ciel ; on dit qu’au printemps ils sont émaillésde fleurs ; mais, eu été, il nous paraît difficile qu’on yramasse le moindre brin d’herbe pour le déposer aupied des autels de Vénus.
Du reste, nous ne traduisons ici que nos impressionspersonnelles ; nous savons trop combien les conditionsatmosphériques peuvent influer sur le jugement d’unvoyageur, qui ne voit un pays qu’en passant, èiousétions pressés d’arriver en Syrie ; quelques heures aprèsnotre départ de Larnaca , nous vîmes sans regret s’en-foncer dans la mer la dernière pointe de Pile de Vénus.Avec elle s’évanouissait le dernier souvenir de la mytho-logie , qui venait expirer là, dans sa plus séduisanteexpression , en face de la Terre-Sainte.
Le lendemain, nous vîmes le soleil se lever sur lescrêtes du Mont-Liban.