ET 1)K LA PALESTINE.
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découvre dans son mouvement, et que la pression del’eau rend' plus ferme et plus solide.
Nous suivîmes cette route pour aller a Khaïffa. Lehasard nous avait donné un étrange compagnon devoyage. Nous étions suivis depuis Acre par un de ceshorribles fous qu’on appelle des santons, et qui ontle privilège acquis d’étaler dans les rues leur nuditéhideuse. 11 marchait plus près que nous de la mer, etles Vagues , en venant moutonner contre la grève, lecouvraient d’écume jusqu’il la ceinture.
En cheminant sur cette route aventureuse, nous con-templions d’un œil satisfait le spectacle grandiose quinous entourait: — D’un côté la mer immense, perdantdans les limites indécises de l’horizon ses vagues d’unvert sombre ; autour de nous une plaine superbe enfer-mée par des montagnes comme un parc immense ;derrière nous Saint-Jean-d’Acre, élevant au-dessus del’eau ses formidables bastions ; devant nous Je Carmeldéroulant ses pentes sombres, et portant sur sa pre-mière cime son couvent blanc surmonté du pavillonde France .
Après deux heures de marche, nous traversâmesKhaiffa entourée de méchantes fortifications ruinées etpourvue d’un petit port dans lequel se balançaient quel-