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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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180 COTES DE LA PHÉNICIE

les rues avec ce sentiment secret de tristesse et deffroiquon éprouve en parcourant un cimetière. Les rem-parts seuls se relèvent avec activité, et semblent pré-parer a ce malheureux pays les horreurs de quelquenouveau siège.

On éprouve un sentiment de respect en contemplantles restes dune ville morte; mais, en présence desmutilations dune ville encore vivante, on est ému depitié. Les ruines récentes ne présentent point le tableausolennel et grandiose dune ruine ancienne ; cellesquont laissées sur leur passage les canons de lîonaparte,dibrahim et des Anglais nont point la majesté de cellesqui ont marqué les traces dAlexandre. Tvr est plusabandonné et plus misérable que Saint-Jean-dAcre.,mais il est moins triste.

La ville occupe lextrémité dun des plus beaux golfesque la nature ait creusés sur la côte de Syrie .

En ruban de sable argenté qui sarrondit gracieuse-ment en hémicycle relie a Saint-Jean-dAcre la pointedu Carmel, qui savance dans la mer à lautre bout dugolfe, cachant le petit bourg de Khaïffa, parmi lesarbres pressés autour de sa base. Cette grève sert dechemin aux voyageurs. Les chevaux marchent avec faci-lité sur la ligne de sable humide que la mer couvre el