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les rues avec ce sentiment secret de tristesse et d’effroiqu’on éprouve en parcourant un cimetière. Les rem-parts seuls se relèvent avec activité, et semblent pré-parer a ce malheureux pays les horreurs de quelquenouveau siège.
On éprouve un sentiment de respect en contemplantles restes d’une ville morte; mais, en présence desmutilations d’une ville encore vivante, on est ému depitié. Les ruines récentes ne présentent point le tableausolennel et grandiose d’une ruine ancienne ; cellesqu’ont laissées sur leur passage les canons de lîonaparte,d’ibrahim et des Anglais n’ont point la majesté de cellesqui ont marqué les traces d’Alexandre. Tvr est plusabandonné et plus misérable que Saint-Jean-d’Acre.,mais il est moins triste.
La ville occupe l’extrémité d’un des plus beaux golfesque la nature ait creusés sur la côte de Syrie .
En ruban de sable argenté qui s’arrondit gracieuse-ment en hémicycle relie a Saint-Jean-d’Acre la pointedu Carmel, qui s’avance dans la mer à l’autre bout dugolfe, cachant le petit bourg de Khaïffa, parmi lesarbres pressés autour de sa base. Cette grève sert dechemin aux voyageurs. Les chevaux marchent avec faci-lité sur la ligne de sable humide que la mer couvre el