Les pentes du Carmel sont couvertes d’arbustes nainset de plantes aromatiques ; le vent qui passe sur lamontagne est chargé de senteurs embaumées.
De cette hauteur, on n’aperçoit plus les traces dedévastation qu’on rencontre en suivant les chemins;tout cela se fond et s’harmonise en un magnifiqueensemble. Plus d’une fois, sans doute, les moines exiléssur la montagne d’Elie, embrassant des yeux cet ad-mirable paysage, ont pu, dans un rêve de regret, secroire assis sur les degrés d’un riche couvent d’Espagne ou d’Italie .
Nous quittâmes avec regret cette retraite hospitalièrepour aller courir de nouveau les hasards du voyage.Nous descendîmes les versants du Carmel, qui nousconduisirent a une grande plaine peu cultivée. Elle estséparée de la mer par un petit coteau pareil a unedigue. Nous le suivîmes pendant deux heures, jusqu’àce qu’une route taillée dans le rocher nous amenât enface de Castel-Pellegrino.
Ce groupe de ruines jaunies par le soleil, surmontéd’une haute tour, présente un aspect imposant. Nulêtre humain n’habite ce vieux château ; les vautours yont établi leur demeure, et ils ne sont troublés dansleur solitude que par le passage de quelque tribu no-