ET DE LA PALESTINE.
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inade ou d’une caravane qui vient chercher un abri àl’ombre de ces grandes murailles.
Quelques paysans répandus dans les champs mois-sonnaient leurs blés. Le pays était semé de rares oli-viers , et coupé de temps en temps par un petit taillisde chênes nains, ou par quelques buissons de carou-biers. Nous passâmes au bord d’un petit marais, peupléde gibier, et nous arrivâmes bientôt a Tantourah. Cevillage est composé de méchantes huttes de terre, à toitplat, qui n’ont d’autre ouverture que la porte pourlaisser entrer l’air et le soleil.
Au milieu de ces affreuses masures s’élève une espècede château en pierres qui est abandonné. Il est précédéd’une cour entourée d’un grand mur. Les fenêtres, dé-pourvues de leurs fermetures, laissent passer le vent entoute liberté dans ses grandes chambres vides. Nousnous y installâmes pour passer la nuit.
Le soleil se couchait. Du haut de la terrasse où nousprenions notre repas frugal, nous voyions revenir auvillage les chameaux chargés de javelles de blé, lespaysans montés sur des ânes, les pâtres ramenant lestroupeaux de chèvres aux longues oreilles. Des vieillardsà barbe blanche, assis sur le seuil des portes, fumaientavec une gravité pensive; des enfants nus, ou vêtus d’une
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