aux branches qui portent les citrons, les cédrats, lesdattes et les figues. Le bananier y croît auprès de lacanne à sucre, des melons et du café. Les jardins sontfermés par des haies de cactus couverts de ces fruitsrougeâtres qu’on appelle ligues de barbarie, et par-dessus leur cime épineuse on voit de temps en tempsdéborder, sur le chemin, la tête d’un grenadier chargéde fruits et de fleurs, ou quelque branche d’orangerpliant sous le poids de ses fruits. Au milieu de cettevégétation tropicale, fécondée par de nombreux ruis-seaux , croissent ces roses de Sârons, si belles et si par-fumées que les poètes les ont choisies pour les comparerà la bouche de leur bien-aimée.
Dans les carrefours des chemins, quelques fontainesabritées sous un groupe de caroubiers offrent au passantleur eau limpide dans une conque de pierre. Les cava-liers arabes qui s’arrêtent devant elles pour abreuverleurs chevaux ôtent et remettent la bride sans quitterleur selle.
Il faut une heure pour traverser cette oasis. La gra-cieuse vision s’évanouit tout à coup et on se croiraitabusé par un rêve, si du milieu de la plaine triste etaride de Ramla , on ne jetait un regard d’adieu sur cepays enchanté.