ET DE LA PALESTINE.
195
entourer la Syrie . Nous étions dans un lieu isolé, eudehors des routes frayées, presque seuls, et, au lieud’être attaqués par ces farouches Arabes, nous voyionsaccourir vers nous de jeunes garçons qui nous offraientdes bouquets de blé comme font les moissonneurs denos pays.
Cependant, à mesure que nous avancions, le paysdevenait plus aride et plus désolé ; nous reconnaissionscette terre « labourée par les miracles » dont M. deChateaubriand a écrit une desc ription saisissante. De-vant nous s’étendait à perte de vue une série de crêtesnues, les unes d’un rouge de sang, les autres d’ungris sombre; entre elles s’ouvraient des vallées pro-fondes , dont les lianes déchirés ne laissaient croîtrequ’une herbe sèche et épineuse ; au fond de ces valléess’étendaient des lits de torrents desséchés, marquéspar une ligne de cailloux blancs. Chaque fois que nousatteignions le sommet d’une de ces crêtes, nous inter-rogions avidement l’horizon ; toujours le même spec-tacle, la même solitude nous désespéraient.
La caravane languissait épuisée de fatigue. Nous nerencontrions que des citernes desséchées, des puitstaris. Enfin , après seize heures de marche, en arrivantsur un plateau couvert d’oliviers, nous aperçûmes une