COTES DE LA PIIÉNICIE
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jour, nous errâmes au milieu des champs pour essayerde retrouver notre chemin ; nous poursuivions au loindes chameaux dont nous entendions tinter la clochette ;mais, au moment où nous croyions les atteindre, lacloche se taisait, et nous l’entendions tout à coup d’unautre côté. Ailleurs c’était la voix d’un chien qui nousfaisait soupçonner la présence de quelque village; maisen avançant nous ne trouvions que la plaine unie etdéserte.
Aux premières lueurs du crépuscule, nous étions aupied des montagnes ; nous nous étions éloignés de deuxlieues à gauche, en déviant de la route ordinaire.Nous voulûmes aller en avant, espérant trouver unchemin qui nous conduirait à Jérusalem sans revenirsur nos pas. Nous errâmes ainsi au hasard, recevantdes indications contredites bientôt par des indicationsnouvelles, traversant des plateaux couverts de char-dons d’une grandeur "gieuse, parmi lesquels nousapercevions de temps en temps le poil fauve d’un chacal,ou gravissant un rocher stérile que le soleil enflammaitde ses réverbérations'ardentes. Nous traversâmes bien-tôt un fond de vallée assez fertile, où l’on moissonnaitl’orge et le blé. Là, mieux qu’ailleurs, nous pûmesapprécier la réalité de ces dangers dont on s’est plu à