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railles sont percées de quatre portes; l’une s’ouvre aunord , l’autre à l’orient, et les deux dernières an midi.
Entre ces hauts remparts s’étend une grande villepresque déserte; les quinze ou seize mille âmes quil’habitent ne sont pas en rapport avec l’immense espacequ’elle occupe. Cela lui donne une sorte de solennitéti'iste ; on traverse de longs bazars abandonnés, oùpassent, comme des ombres, quelques Juifs couvertsde baillons. Sans doute le travail de l’imagination ,quand on entre pour la première fois dans cette citédont les prophètes ont chanté les malheurs, contribueà lui donner un aspect plus sombre ; mais alors mêmequ’on est habitué déjà a ce grand nom de Jérusalem ,alors qu’on y a vécu de la vie ordinaire et qu’on a le soirpromené ses rêveries dans la vallée de Josaphat, on sesent pris, chaque fois qu’on rentre dans la ville, d’unétonnement douloureux , en retrouvant toujours lemême silence et la même solitude.
Les monuments ont succombé sous les ravages dutemps et de la guerre, et d’antiques traditions indi-quent seules a la piété des pèlerins la place où furentles édilices du passé et les lieux consacrés par de reli-gieux souvenirs. De temps en temps on arrête l’étrangerau milieu des rues de Jérusalem pour lui dire : « — Ici