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Les stations de la mort douloureuse du Christ sontmarquées sur le pavé de l’église par des pierres decouleurs différentes. Le Golgotha, qui n’était qu’un pe-tit monticule situé dans une vallée, entre deux collinesplus élevées, a pu facilement, être enfermé dans l’inté-rieur de l’édifice. Mais sa forme première a disparu sousune enveloppe de marbre ; un escalier magnifique aremplacé sa pente rocailleuse et escarpée. On montrecependant à son sommet, dans un intervalle ménagéentre les dalles, le trou de la croix de Notre-Seigneur,et cette fissure miraculeuse qui entr’ouvrit le rocher àl’heure où Jésus-Christ expirait au milieu des convul-sions de la nature.
A quelques pas du Saint-Sépulcre, on visite les tom-beaux de Godefroy de Bouillon et de Baudouin, qui nesont plus aujourd’hui que des bancs de pierre recou-verts de nattes de jonc; les moines latins montrentmême mystérieusement l’épée glorieuse du libérateurde Jérusalem ; mais quand on rencontre sous la voûtede l’entrée les gardiens turcs qui veillent a la porte del’église, on reconnaît que les menaces du prophète sesont accomplies, malgré tous les efforts humains:« Celle qui était la reine des provinces est devenue tri-butaire. »
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