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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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JÉRUSALEM

Lorsquon sortant de ce lieu, lànie est ébranléepar tant démotions diverses, on se retrouve tout îicoup au milieu des rues désertes de la ville, on est saisidune tristesse profonde. Rien ne distrait lesprit desimages solennelles qui lont frappé. La, on ne rencon-tre pas, comme dans les autres villes de lOrient, desbazars bruyants le peuple sassemble, des cafés ré-jouissants a voir sépanouissent des figures de fu-meurs en extase ; lœil ne se repose pas sur de gaishorizons, ni sur des spectacles grandioses.

Les chrétiens et les juifs qui passent dans les rues ontune attitude morne et préoccupée. Seuls, les soldatsturcs et les habitants musulmans portent la tête liante,dans cette ville conquise. Enfin, on a sans cesse, devantles yeux la montagne des Oliviers, semblable à un ri-deau grisâtre tiré sur lazur de lhorizon et semé detâches brunes quy forment quelques arbres clair-semés.Il ny a de beau a Jérusalem que le ciel.

Si lon sort de la ville pour aller chercher au dehorsdes scènes moins sévères, on ne trouve quun sol aridesur lequel croissent des oliviers au feuillage pâle etquelques buissons de sumacli. Les chemins ne condui-sent quà des tombeaux. Dun côté ce sont les sépulcresdes rois qui ouvrent leurs excavations souterraines; de