214 JÉRUSALEM
parcourions une sorte d’analogie lointaine ; en le voyantpasser hardiment, au pas ferme de son cheval, sur lebord des précipices, on reconnaissait l’enfant de cesmornes solitudes.
Cinq heures de marche au milieu déroches crayeuseset arides nous conduisirent de l’autre côté des mon-tagnes. Un soleil ardent nous brûlait les yeux, et levent qui venait de la mer Morte , chargé de vapeurssalines, n’apportait que des bouffées d’air embrasé.
Nous fîmes notre première halte au bord de la sourcedes Rois. Mlle jaillit, au pied des montagnes, sous ungroupe d’arbres qui la protègent. Deux beaux figuiersse penchent sur le bassin rond que lui a creusé la na-ture ; elle s’en échappe pour former un petit ruisseauqui coule sous une voûte d’arbres épineux. Là, chacunse précipitait pour boire avidement l’eau fraîche, etpour baigner ses yeux et sa figure enflammés par lesbrûlures du soleil.
Le prophète Elisée , par un miracle dont nous avionslieu de nous applaudir, a, dit-on, adouci les eaux decette fontaine qui autrefois étaient amères comme cellesde la mer Morte . En Orient , où l’eau est rare et pré-cieuse, les sources sont l’objet d’un culte particulier.L’histoire merveilleuse de leur naissance varie suivant