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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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214 JÉRUSALEM

parcourions une sorte danalogie lointaine ; en le voyantpasser hardiment, au pas ferme de son cheval, sur lebord des précipices, on reconnaissait lenfant de cesmornes solitudes.

Cinq heures de marche au milieu déroches crayeuseset arides nous conduisirent de lautre côté des mon-tagnes. Un soleil ardent nous brûlait les yeux, et levent qui venait de la mer Morte , chargé de vapeurssalines, napportait que des bouffées dair embrasé.

Nous fîmes notre première halte au bord de la sourcedes Rois. Mlle jaillit, au pied des montagnes, sous ungroupe darbres qui la protègent. Deux beaux figuiersse penchent sur le bassin rond que lui a creusé la na-ture ; elle sen échappe pour former un petit ruisseauqui coule sous une voûte darbres épineux., chacunse précipitait pour boire avidement leau fraîche, etpour baigner ses yeux et sa figure enflammés par lesbrûlures du soleil.

Le prophète Elisée , par un miracle dont nous avionslieu de nous applaudir, a, dit-on, adouci les eaux decette fontaine qui autrefois étaient amères comme cellesde la mer Morte . En Orient , leau est rare et pré-cieuse, les sources sont lobjet dun culte particulier.Lhistoire merveilleuse de leur naissance varie suivant