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voyageurs étrangers. Maîtres (lu désert, ils en imposentl’entrée.
Le clieik Eesliir représentait assez bien un des typesles mieux caractérisés de la race arabe. Sa ligure maigreet osseuse, brûlée par le soleil, était entourée d’unebarbe rare et brune qui se terminait en pointe, laissantà nu les contours de la bouche. A travers ses lèvres tou-jours entr’ouvertes, brillait une double rangée de dentsblanches comme celles d’une bête fauve ; et l’expressionféroce de sa bouche démentait la douceur de ses grandsyeux humides. C’estainsiqu’on dépeintle sultan Saladin .
Assis avec indolence sur une jument noire de premiersang, il balançait au-dessus de lui une lance en jonc,longue de quinze pieds ; un sabre recourbé pendait àson côté; et sa tête était enveloppée du keffté arabe,espèce de voile qui est retenu autour du crâne par unecorde en poil de chameau, et qui, retombant sur lesépaules et les joues, encadre la ligure comme une coiffede femme. 11 portait, par-dessus la chemise de toilegrossière, unique vêtement des Rédouins, une courterobe de soie à larges raies, qui est la tunique du com-mandement. Des bottines rouges, pointues et recour-bées à l’extrémité, couvraient il moitié ses jambes ner-veuses. Il y avait entre lui et le pays sauvage que nous