Après une heure de marche, nous arrivâmes a unvillage composé de quelques masures construites avecdes pierres et de la houe. Un beau vieillard h barbeblanche vint nous recevoir sur le seuil, et Bcshir, lais-sant glisser jusqu’à terre le talon de sa lance, nous ditavec un geste royal : llihha ! c’est le nom arabe deJéricho ; nous avions sous les yeux tout ce qui en reste.Nous étions habitués à ces déceptions, et nous allâmeschercher un gîte sous un bosquet de figuiers, dont nouspartageâmes l’abri hospitalier avec plusieurs volées detourterelles.
Au lever du soleil, nous étions déjà loin de Jéricho .Nous avions vu aux premières lueurs du crépusculeplusieurs sangliers s’enfuir devant nous a travers lesbuissons, et nous entendions de temps en temps lebruit strident que font à leur départ les volées deperdrix.
Au premier abord, la plaine de Jéricho présenteune surface unie ; mais, à mesure qu’on avance, on yreconnaît plusieurs plans d’inégale hauteur. Après avoirtraversé une région plantée de buissons et d’arbustes,nous descendîmes brusquement sur un plateau infé-rieur, semé de mamelons de sable semblables à des(entes; puis nous atteignîmes bientôt une troisième