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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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DAMAS

dune légère couche de chaux; les rues sont malpro-pres et tristes ; le soleil éblouit les yeux, qui se sonthabitués à lombre des jardins; la ville enchantée quonavait rêvée semble sêtre évanouie sous le coup de ba-guette dun malin génie.

Mais il ne faut pas sarrêter a cette première impres-sion. En Orient, la richesse et la beauté cherchentlombre; on ny trouve point le pompeux étalage denotre luxe extérieur : les maisons, comme les femmes,sont voilées. Les femmes passent dans la rue le visagecouvert dune mousseline épaisse, la taille effacée souslampleur de leur manteau , les pieds enfouis dans desbottines informes; sous cette enveloppe, la plus laideressemble à la plus belle. Mais, si on soulevait le voileet quon déchirât le manteau, que de merveilleuseshouris sortiraient de cette informe chrysalide! Il en estainsi des maisons de Damas : bouges et palais ont lamême apparence extérieure. Et pourtant derrière cesmurs misérables se cachent des habitations élégantes, limagination arabe a déployé ses plus gracieusesfantaisies.

La partie la plus originale de ces maisons est unecour intérieure qui communique avec la rue par uncorridor étroit et voûté. Au milieu sélève un bassin en