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DAMAS.
Les promeneurs curieux se rassemblent en groupes au-tour des chevaux les plus remarquables.
Mais on ne rencontre guère sur ce marché que desbêtes d’une valeur médiocre. Les chevaux de hauterace ne descendent pas a ce bazar vulgaire ; on s’endispute la possession avec un acharnement qui égale ledélire des sporlmen les plus passionnés. La vente d’uncheval de pur sang est un événement dans le désert ; onles achète a des prix extravagants.
Leur valeur réelle est dépassée de tout le prix d’es-lime que l’Arabe attache a son cheval. Ces compagnonsde leur vie errante font en ' e sorte partie de lafamille.
Pendant notre séjour il Damas, un officier des harasimpériaux de liussie marchandait une jument de hauterace ; l’affaire devait se conclure à quelques lieues dela ville. Le bédouin, vêtu d’une grossière chemise detoile et d’un manteau usé, arriva au lieu du rendez-vous monté sur une des plus nobles cavales du désert;il salua les étrangers du geste, descendit gravement, ets’accroupit à terre sans dire une parole.
Lajument laissée en liberté se mit à paître l’herbesur le bord du chemin.
— Quel est le prix de ta jument ?