DAMAS.
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accueillit la célèbre lady Moulaguc a sou entrée dansles bains.
Puis elles s’enveloppent d’un mouchoir de soie commed’une courte tunique, en l’arrêtant à la ceinture, etelles entrent dans les étuves. Quand elles en sortent,elles sont épuisées par la fatigue, leurs yeux sont abat-tus, elles viennent reposer sur les coussins du lit leurbeau corps languissant. À mesure qu’elles reprennentleurs forces, commencent les conversations, le récitdes nouvelles, les discussions, les minauderies, les millelobes gracieuses de ces enfants avides de liberté ; ellesrient, s’ébattent et gazouillent comme une troupe d’oi-seaux babillards échappés de leur cage.
Enfin chacune se livre aux soins de sa toilette; l'unese teint les ongles avec le henné; l’autre se blanchit levisage et se frotte les joues avec cette herbe qui faittomber le duvet; d’autres brunissent les contours deleurs yeux avec le surmé, pendant que les cheveluresdénouées s’échappent en ondes soyeuses de la main desnégresses qui les peignent et les parfument. Celui dontl’œil indiscret pourrait contempler ce ravissant tableauaurait entrevu ce paradis voluptueux que Mahomet apromis aux vrais croyants.
Les femmes de Damas ne sont point, comme celles