256
DAMAS.
dans une souricière; et comme quelques-uns se plai-gnaient hautement de l’impunité du coupable, le scepti-que général leur répondit par cette parole profonde :
« Quand un chrétien'blaspliémera le nom de Mahomet ,blasphémez le nom du Christ, et vous serez quittes. »
Cette horreur du service militaire n’est point éton-nante dans un pays où les soldats ne sont pas soutenus,comme ceux des armées européennes, par un sentimentd’honneur chevaleresque et de patriotisme. Au milieude ce mélange confus de peuples, comment trouver uncentre qui rallie les affections de tous? 11 y a un empireottoman, mais il n’y a pas de peuple ottoman ; il y aune nation turque, une nation kurde, une nation arabe,sans compter les débris dispersés des anciennes nationsmortes; chacune d’elles a sa patrie individuelle, maisla patrie commune n’est nulle part. Ceux de Damas sontexilés a Stamboul, comme ceux de Stamboul à Diarbé-kir, et ceux de Diarbékir a Damas.
I.e sentiment religieux est le seul lien qui réunissequelquefois tous ces éléments divers pour le serviced’une même pensée. Quand les pèlerins de toutes lescontrées de l’Asie sont réunis sous l’étendard vert duProphète, l’exaltation religieuse supplée a l’enthou-siasme patriotique ; la véritable année de l’empire c’est