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D'Athènes à Baalbek (1844) / par Charles Reynaud
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DAMAS.

dans une souricière; et comme quelques-uns se plai-gnaient hautement de limpunité du coupable, le scepti-que général leur répondit par cette parole profonde :

« Quand un chrétien'blaspliémera le nom de Mahomet ,blasphémez le nom du Christ, et vous serez quittes. »

Cette horreur du service militaire nest point éton-nante dans un pays les soldats ne sont pas soutenus,comme ceux des armées européennes, par un sentimentdhonneur chevaleresque et de patriotisme. Au milieude ce mélange confus de peuples, comment trouver uncentre qui rallie les affections de tous? 11 y a un empireottoman, mais il ny a pas de peuple ottoman ; il y aune nation turque, une nation kurde, une nation arabe,sans compter les débris dispersés des anciennes nationsmortes; chacune delles a sa patrie individuelle, maisla patrie commune nest nulle part. Ceux de Damas sontexilés a Stamboul, comme ceux de Stamboul à Diarbé-kir, et ceux de Diarbékir a Damas.

I.e sentiment religieux est le seul lien qui réunissequelquefois tous ces éléments divers pour le servicedune même pensée. Quand les pèlerins de toutes lescontrées de lAsie sont réunis sous létendard vert duProphète, lexaltation religieuse supplée a lenthou-siasme patriotique ; la véritable année de lempire cest