176 AVIS DE L'ÉDITEUR.
toit en un mot l’homme de la loi ; et quoique sansautorité personnelle, il jouissoit de beaucoup deconsidération. Il étoit nommé par le Conseil géné-ral , sur une présentation en nombre double , faitepar les Deux-cents , et étoit élu pour trois ans, avecInculte d’être réélu pour trois autres années.
» La surveillance de la police ordinaire et le ju-gement des causes civiles en première instance ap-partenoient à un tribunal de six membres nommésAuditeurs f et élus par le Conseil général. Ce tribu-nal étoit présidé par un membre du petit Conseil,qui portoit le titre de Lieutenant. Deux Châtelains }élus de même, exerçoientdans la campagne le mêmepouvoir que le tribunal dans la ville.
» Le militaire de la république se composoit d’unegarnison soldée de sept cent vingt hommes, divisésen douze compagnies, et de quatre régiments demilice bourgeoise, commandés par des membres dupetit Conseil. Il y avoit en outre trois cents artilleurset une compagnie de dragons.
« Tout citoyen en charge étoit sujet au grabeau,véritable censure, dont l’usage même subsiste en-core, mais beaucoup restreint et modifié. Voiciquelle en étoit la forme : chaque Conseil s’assem-bloit à une époque déterminée pour grabeler ses su-bordonnés, et même, en certains cas , ses propresmembres. En l’absence du grabelé, chaque mem-bre, opinant à son tour, disoit ce qu’il pensoit dusujet dont il s’agissoit, tant en bien qu’en mal. Uncertain nombre d’opinions défavorables étoit pourle grabelé un titre d’exclusion ; mais dans les temps