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Tome I.
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PREMIER DIALOGUE.

disant lavoir fait pour mademoiselle Fel, commebeaucoup dautres mottets que le même Jean-Jac-ques dit ou dira de même avoir faits depuis lors,et qui, par autant de miracles de M. dAlembert,sont et seront toujours tous de Pergolèse , dont ilévoque lombre quand il lui plaît.

Rouss. Voilà qui est vraiment admirable ! Oh! jeme doutois depuis long temps que ce M. dAlcm-bert devoit être un saint à miracles, et je paricroisbien quil ne sen tient pas à ceux-. Mais, commevous dites, il lui sera néanmoins difficile, tout saintquil est, d'avoir aussi fait faire le Devin du villageà Pergolèse , et il ne faudroit pas multiplier les au-teurs sans nécessité.

Le Fr. Pourquoi non ? Quun pillard prenne àdroite et à gauche, rien au monde nest plus na-turel.

Rouss. Daccord ; mais dans toutes ces musiquesainsi pillées on sent les coutures et les pièces derapport, et il me semble que celle qui porte le nomde Jean-Jacques na pas cet air-. On ny trouvemême aucune physionomie nationale : ce nest pasplus de la musique italienne que de la musique fran-çoisc. Elle a le ton de la chose, et rien de plus.

Le Fr. Tout le monde convient de cela. Commentlauteur du Devin a-t-il pris dans cette pièce unaccent alors si neuf quil nait employé que ? et sicest son unique ouvrage , comment en a-t-il tran-quillement cédé la gloire à un autre , sans tenter dela revendiquer, ou du moins de la partager par unsecond opéra semblable ? On ma promis de mex-