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PREMIER DIALOGUE.
sentéc à mon esprit long-temps avant que vous mela fissiez ; elle me paroît plus facile à rétorquer qu’àrésoudre , et vous doit embarrasser du moins autantque moi : car enfin, si le public n’est pas tout com-posé de méchants et de fourbes, tous d’accord pourtrahir un seul homme, il est encore moins composésans exception d’hommes bienfaisants , généreux,francs de jalousie , d'envie, de haine, de malignité.Ces vices sont-ils donc tellement éteints sur la terrequ’il n’en reste pas le moindre germe dans le cœurd’aucun individu? C’est pourtant ce qu’il faudraitadmettre, si ce système de secret et de ténèbres,qu’on suit si fidèlement envers Jean-Jacques, n’étoitqu’une œuvre de bienfaisance et de charité. Laissonsà part vos messieurs, qui sont des âmes divines, etdont vous admirez la tendre bienveillance pour lui.Il a dans tous les états, vous me l’avez dit vous-même , un grand nombre d’ennemis très-ardents quine cherchent assurément pas à lui rendre la viéagréable et douce. Concevez-vous que, dans cettemultitude de gens, tous d’accord pour épargner del’inquiétude à un scélérat qu’ils abhorrent et de lahonte à un hypocrite qu’ils détestent, il ne s’entrouve pas un seul qui, pour jouir au moins de saconfusion, soit tenté de lui dire tout ce qu’on saitde lui? Tout s’accorde avec une patience plus qu’an-gélique à l'entendre provoquer au milieu de Paris ses persécuteurs, donner des noms assez durs à ceuxqui l’obsèdent, leur dire insolemment : Parlez haut,traîtres que vous êtes ; me voilà. Qii avez-vous adiré?A ces stimulantes apostrophes, la plus incroyable