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Tome I.
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PREMIER DIALOGUE.

sentéc à mon esprit long-temps avant que vous mela fissiez ; elle me paroît plus facile à rétorquer quàrésoudre , et vous doit embarrasser du moins autantque moi : car enfin, si le public nest pas tout com-posé de méchants et de fourbes, tous daccord pourtrahir un seul homme, il est encore moins composésans exception dhommes bienfaisants , généreux,francs de jalousie , d'envie, de haine, de malignité.Ces vices sont-ils donc tellement éteints sur la terrequil nen reste pas le moindre germe dans le cœurdaucun individu? Cest pourtant ce quil faudraitadmettre, si ce système de secret et de ténèbres,quon suit si fidèlement envers Jean-Jacques, nétoitquune œuvre de bienfaisance et de charité. Laissonsà part vos messieurs, qui sont des âmes divines, etdont vous admirez la tendre bienveillance pour lui.Il a dans tous les états, vous me lavez dit vous-même , un grand nombre dennemis très-ardents quine cherchent assurément pas à lui rendre la viéagréable et douce. Concevez-vous que, dans cettemultitude de gens, tous daccord pour épargner delinquiétude à un scélérat quils abhorrent et de lahonte à un hypocrite quils détestent, il ne sentrouve pas un seul qui, pour jouir au moins de saconfusion, soit tenté de lui dire tout ce quon saitde lui? Tout saccorde avec une patience plus quan-gélique à l'entendre provoquer au milieu de Paris ses persécuteurs, donner des noms assez durs à ceuxqui lobsèdent, leur dire insolemment : Parlez haut,traîtres que vous êtes ; me voilà. Qii avez-vous adiré?A ces stimulantes apostrophes, la plus incroyable