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PREMIER DIALOGUE.
suppose du doute, et il n’en sauroit avoir à leurégard : et que peut-il penser de ces patelins flagor-neurs dont, vu l'œil dont il est regardé dans lemonde, et qui ne peut échapper au sien, il doitpénétrer aisément les motifs dans l'empressementqu'ils lui marquent? Il doit voir clairemctit queleur dessein n'est ni de se lier avec lui de bonne foi,ni même de l’étudier et de le connoître, mais seule-ment de le circonvenir. Pour moi qui n’ai ni besoin nidessein de le tromper, je ne veux point prendre lesallures cauteleuses de ceux qui l’approchent danscette intention. Je ne lui cacherai point la mienne:s’il en étoit alarmé, ma recherche seroit finie, etje n’aurois plus rien h faire auprès de lui.
Lr Fr. Il vous sera moins aisé, peut-être, quevous ne pensez de vous faire distinguer de ceuxqui l’abordent h mauvaise intention. Vous n’avezpoint la ressource de lui parler à cœur ouvert, etde lui déclarer vos vrais motifs. Si vous me gardezla foi que vous m’avez donnée, il doit ignorer h ja-mais ce que vous savez de scs œuvres criminelles etde son caractère atroce. C'est un secret inviolablequi, près de lui, doit rester è jamais caché dansvotre cœur. Il apercevra votre réserve, il l’imitera,et, par cela seul, se tenant en garde contre vous,il ne se laissera voir que comme il veut qu’on levoie, et non comme il est en effet.
Rocss. Et pourquoi voulez-vous me supposer seulaveugle ‘parmi tous ceux qui l’abordent journelle-ment, et qui, sans lui inspirer plus de confiance,l’ont vu tous, et si clairement h ce qu’ils vous disent,