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Tome I.
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145
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PREMIER DIALOGUE. 145

exactement tel que vous me Pavez peint? Sïl est sifacile à connoître et à pénétrer quand on y regarde,malgré sa défiance et son hypocrisie, malgré sesefforts pour se cacher, pourquoi, plein du désir delapprécier , serai-je le seul à ny pouvoir parvenir,surtout avec une disposition si favorable h la vérité,et nayant d'autre intérêt que de la connoître ? Est-il étonnant que, layant si décidément jugé davance,et napportant aucun doute à cet examen, ils laientvu tel quils le vouloient voir? Mes doutes ne merendront pas moins attentif, et me rendront pluscirconspect. Je ne cherche point à le voir tel queje me le figure, je cherche à le voir tel quil est.

Le Fk. Bon! navez-vous pas aussi vos idées?Vous le désirez innocent, jen suis très-sûr. Vousferez comme eux dans le sens contraire : vous ver-rez en lui ce que vous y cherchez.

Rocss. Le cas est fort different. Oui, je le désireinnocent, et de tout mon coeur ; sans doute je seraisheureux de trouver en lui ce que jy cherche : maisce serait pour moi le plus grand des malheurs dytrouver ce qui ny seroit pas , de le croire honnêtehomme etde me tromper. Vos messieurs ne sont pasdans des dispositions si favorables à la Vérité. Jevois que leur projet est une ancienne et grande en-treprise quils ne veulent pas abandonner, et quilsnabandonneroieht pas impunément. Lignominiedont ils lont couvert rejaillirait sur eux tout en-tière , et ils 11 e seraient pas même h labri de la vin-dicte publique. Ainsi, soit pour la sûreté de leurspersonnes, soit pour le repos de leurs consciences,26. 13