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Tome I.
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153
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PREMIER DIALOGUE.

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Après vous avoir dit pourquoi vos preuves, toutévidentes quelles vous paraissent, ne sauraient êtreconvaincantes pour moi, qui n'ai ni ne puis avoir lesinstructions nécessaires pour juger à quel point cespreuves peuvent être illusoires et men imposer parune fausse apparence de vérité , je vous avoue pour-tant derechef que , sans me convaincre, elles min-quiètent, mébranlent, et que jai quelquefois peinea leur résister. Je désirerais sans doute, et de toutmon cœur, quelles fussent fausses, et que lhommedont elles me font un monstre nen fût pas un ; maisje désire beaucoup davantage encore de ne pas me-garer dans cette recherche et de ne pas me laisserséduire par mon penchant. Que puis-je faire dansune pareille situation (a), pour parvenir, sil estpossible , h démêler la vérité ? Cest de rejeterdans celte affaire toute autorité humaine , toutepreuve qui dépend du témoignage dautrui, et deme déterminer uniquement sur ce que je puis voirde mes'yeux et eonnoitre par moi-même. Si Jean-Jacques est tel que lont peint vos messieurs, et sila été si aisément reconnu tel par tous ceux qui lontapproché , je ne serai pas plus malheureux queux ,

' («) Pour excuser le public autant quil se peut, je suppose

partout son erreur presque invincible ; mais moi, qui sais dansma conscioncc qu'aucun crime jamais n'approcha de moncoeur, je suis sûr que tout homme vi-alment attentif, vraimentjuste, découvrirait l'imposture s\ travers tout l'art d'un com-plot, parce qu'enfin je no crois pas possible que jamais lenionsoiigo usurpe et sapproprie tous les caractères de Uvérité.