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Tome I.
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PREMIER DIALOGUE.

cxtravaguoient-ils de Je prendre pour tel, ignorantquon lcmpêchoit de parler, et que, sil vouloitcrier quil nétoit pas un monstre marin, une corde tirée en cachette le forçoit de faire à linstant leplongeon? Supposons quun dentre eux plus attentif,apercevant cette manœuvre, et par devinant lereste, leur eût crié , ion vous trompe, en prétendumonstre est un homme, ny eùt-il pas eu plus que delhumeur à s'offenser de cette exclamation , commedun reproche quils étoient tous des insensés ? Lepublic , qui ne voit des choses que lapparence ,trompé par elle, est excusable ; mais ceux qui sedisent plus sages que lui en adoptant son erreur, nele sont pas.

Quoi quil en soit des raisons que je vous expose ,je me sens digne , même indépendamment delles ,de douter de ce qui na paru douteux à personne.Jai dans le cœur des'témoignages, plus forts quetoutes vos preuves , que lhomme que vous mavezpeint nexiste point, ou nest pas du moins vousle voyez. La seule patrie de Jean-Jacques, qui est lamienne , suffirait pour massurer quil nest point cethomme-. Jamais elle na produit des êtres de cetteespèce ; ce nest ni chez les protestants ni dans desrépubliques quils sont connus. Les crimes dont ilest accusé sont des crimes desclaves, qui nappro-chèrent jamais des Ames libres ; dans nos contréeson nen connoît point de pareils; et il me faudraitplus de preuves encore que celles que vous mavezfournies pour me persuader seulement que Genève a pu produire un empoisonneur.