SECOND DIALOGUE.
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les philosophes que vous citez ont illustré leur soli-tude, prouvent assez qu'ils s’y occupoient d’une ma-nière utile et glorieuse, et qu’ils n’y passoient pasuniquement leur temps, comme votre homme, àtraîner des crimes et des noirceurs.
Rouss. C’est à quoi, ce me semble, il n’y passapas non plus uniquement le sien. La Lettre à AT. d'A-lembert sur les spectacles, Héloïse, Emile, le Con-trat social, les Essais sur la Paix perpétuelle et surl’Imitation théâtrale, et d’autres écrits non moinsestimables qui n’oilt point paru, sont des fruits dela retraite de Jean-Jacques. Je doute qu’aucun phi-losophe ait médité plus profondément, plus utile-ment peut-être , et plus écrit en si peu de temps.Appelez-vous tout cela des noirceurs et des crimes ?
Le Fa. Je commis des gens aux yeux de qui c’enpourvoit bien être : vous savez ce que pensent ou ceque disent nos messieurs de ces livres ; mais avez-vous oublié qu’ils ne sont pas de lui, et que c’estvous-même qui me l’avez persuadé ?
Rouss. Je vous ai dit ce que j’imaginois pour ex-pliquer des contradictions que je voyois alors, etque je ne vois plus. Mais, si nous continuons à pas-ser ainsi d'un sujet à l'autre, nous perdrons notre ob-jet de vue, et nous ne l’atteindrons jamais. Reprenonsavec un peu plus de suite le fil de mes observations,avant de passer aux conclusions que j’en ai tirées.
Ma première attention , après m’être introduitdans la familiarité de Jean Jacques, fut d’examinersi nos liaisons ne lui faisoient rien changer dans samanière de vivre j et j’eus bientôt toute la certitude