Band 
Tome I.
Seite
179
JPEG-Download
 

SECOND DIALOGUE.

179

les philosophes que vous citez ont illustré leur soli-tude, prouvent assez qu'ils sy occupoient dune ma-nière utile et glorieuse, et quils ny passoient pasuniquement leur temps, comme votre homme, àtraîner des crimes et des noirceurs.

Rouss. Cest à quoi, ce me semble, il ny passapas non plus uniquement le sien. La Lettre à AT. d'A-lembert sur les spectacles, Héloïse, Emile, le Con-trat social, les Essais sur la Paix perpétuelle et surlImitation théâtrale, et dautres écrits non moinsestimables qui noilt point paru, sont des fruits dela retraite de Jean-Jacques. Je doute quaucun phi-losophe ait médité plus profondément, plus utile-ment peut-être , et plus écrit en si peu de temps.Appelez-vous tout cela des noirceurs et des crimes ?

Le Fa. Je commis des gens aux yeux de qui cenpourvoit bien être : vous savez ce que pensent ou ceque disent nos messieurs de ces livres ; mais avez-vous oublié quils ne sont pas de lui, et que cestvous-même qui me lavez persuadé ?

Rouss. Je vous ai dit ce que jimaginois pour ex-pliquer des contradictions que je voyois alors, etque je ne vois plus. Mais, si nous continuons à pas-ser ainsi d'un sujet à l'autre, nous perdrons notre ob-jet de vue, et nous ne latteindrons jamais. Reprenonsavec un peu plus de suite le fil de mes observations,avant de passer aux conclusions que jen ai tirées.

Ma première attention , après mêtre introduitdans la familiarité de Jean Jacques, fut dexaminersi nos liaisons ne lui faisoient rien changer dans samanière de vivre j et jeus bientôt toute la certitude