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Tome I.
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SECOND DIALOGUE.

possible que non-seulement il ny cliangcoit rienpour moi, mais <|ue «le tout temps elle «voit tou-jours été la même et parfaitement uniforme , quand,maître de la choisir, il avoit pu suivre en libertéson penchant. Il y avoit cinq ans que, de retour deParis , il avoit recommencé dy vivre. Dabord,ne voulant se cacher en aucune manière, il avoitfréquenté quelques maisons dans lintention dy re-prendre ses plus anciennes liaisons , et même denformer de nouvelles. Mais , au bout dun an , il cessade faire des-visites, et, reprenant dans la capitalela vie solitaire quil menoit depuis tant dannées àla campagne, il partagea son temps entre loccupa-tion journalière dont il sétoit, fait une ressource, etles promenades champêtres dont il faisoit son uni-que amusement. Je lui demandai la raison de cetteconduite. Il me dit quayant vu toute la générationprésente concourir h Pieuvre de ténèbres dont ilétoit lobjet, il avoit dabord mis tous ses soins àchercher quelquun qui ne partageât pas liniquitépublique ; quaprès de vaines recherches dans les pro-vinces il étoit venu les continuer h Paris , espérantqu'au moins parmi ses anciennes connoissances il setrouveroit quelqu'un moins dissimulé, moins faux,qui lui donneroit les lumières dont il avoit besoinpour percer cette obscurité ; quaprès bien des soinsinutiles il navoit trouvé, même parmi les honnêtesgens, que trahisons, duplicité, mensonge, et quetous, en sempressant à le recevoir, h le prévenir,h lattirer, paroissoient si contents de sa diffamation,y contribuoient de si bon cœur, lui faisoient des ca-