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SECOND DIALOGUE.
vous pour déterminer le vûtrc sur mon rapport ;-car il a besoin d'être vu pour être cru ; et, après lafaçon dont vous m’aviez prévenu , je ne 1 auroispas cru moi-même sur le rapport d’autrui. Ce quej’ai vu ne sont que des choses bien communes enapparence , mais très-rares en effet. Ce sont desrécits qui d’ailleurs conviendroient mal dans mabouche ; et pour le faire avec bienséance , il fau-droit être un autre que moi.
Le Fr. Comment , monsieur ! espérez-vous medonner ainsi le change ? Remplissez-vous ainsi vosengagements , et ne tirerai-je aucun fruit du conseilque je vous ai donné ? Les lumières qu’il vous aprocurées ne doivent - elles pas nous être com-munes ? et, après avoir ébranlé la persuasion' oùj’étois, vous croyez-vous permis de me laisser lesdoutes que vous avez fait naître , si vous avez dequoi m’en tirer ?
Ronss. Il vous est aisé d’en sortir à mon exemple,eu prenant pour vous-même ce conseil que vousdites m’avoir donné. Il est malheureux pour Jean-Jacques que Rousseau ne puisse dire tout ce qu’ilsait de lui. Ces déclarations sont désormais impos-sibles , parce qu’elles seroient inutiles, et que lecourage de les faire ne m’attircroit que l’humilia-tion de n’être pas cru.
Voulez-vous , par exemple , avoir une idée som-maire de mes observations ? prenez directement eten tout, tant en bien qu’en mal, le contre-pied duJean-Jacques de vos messieurs , vous aurez très-exactement celui que j’ai trouvé. Le leur est cruel ,