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Tome I.
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SECOND DIALOGUE. 193

penseur plein didées vives et neuves , pensant avecforce et sexprimant avec justesse , mais pour linécolier embarrassé du choix de ses termes, et sub-jugué par la suffisance des gens qui en savent pl U9que lui. Te navois jamais vu ce maintien timide etgêné dans nos moindres barbouilleurs de brochu-res ; comment le concevoir dans un auteur qui, fou-lant aux pieds les opinions de son siècle, sembloitcntoute chose moins disposé à recevoir la loi quà lafaire ? Sil neût fait que dire des choses trivialeset plates, jaurois pu croire quil faisoit limbccilepour dépayser les espions dont il se sent entouré ;mais , quelles que soient les gens qui lécoulent, loinduser avec eux de la moindre précaution , il lâcheétourdiment cent propos inconsidérés, qui donnentsur lui de grandes prises : non quau fond ces propossoient répréhensibles, mais parce quil est possiblede leur donner un mauvais sens, qui, sans lui êtrevenu dans lesprit., ne manque pas de se présenterpar préférence à celui des gens qui lécoutent, etqui ne cherchent que cela. En un mot, je lai pres-que toujours trouvé pesant à penser ; maladroit àdire, se fatiguant sans cesse à chercher le mot pro-pre qui ne lui venoit jamais, et embrouillant desidées déjà plus claires par une mauvaise manière deles exprimer. Jajoute en passant que si, dans nospremiers entretiens, javois pu deviner cet extrêmeembarras de parler, jen aurois tiré , sur vos pro-pres arguments, une preuve nouvelle quil navoitpas fait ses livres : car si, selon vous, déchiffrant simal la musique, il nen avoit pu composer, à plus26. 17