200 SECOND DIALOGUE.
sancc, semble offrir dans les âmes une analogie as-sez claire avec la faculté attractive des corps. Saforce est en raison des rapports que nous sentonsentre nous et les autres êtres; et, selon la naturede ces rapports, elle agit tantôt positivement parattraction , tantôt négativement par répulsion,comme un aimant par scs pôles. L’action positive ouattirante est l’œuvre simple de la nature qui cher-che à étendre et renforcer le sentiment de notreêtre; la négative ou repoussante, qui comprime etrétrécit celui d’autrui, est. une combinaison que laréflexion produit. De la première naissent toutes lespassions aimantes et douces ; de la seconde, toutesles passions haineuses et cruelles. Veuillez, mon-sieur , vous rappeler ici, avec les distinctions faitesdans nos premiers entretiens entre l’amour de soi-même et l’amour-propre , la manière dont l’un etl’autre agissent sur le cœur humain. La sensibilitépositive dérive immédiatement de l'amour de soi. Ilest très-naturel que celui qui s’aime cherche à éten-dre son être et ses jouissances, et h s’approprier parl’attachement ce qu’il sent devoir être un bien pourlui ; ceci est une pure affaire de sentiment, où laréflexion n’entre pour rien. Mais sitôt que cet amourabsolu dégénère en amour-propre et comparatif, ilproduit la sensibilité négative , parce qu'aussitôtqu’on prend 1 habitude de se mesurer avec d’autres ,et de se transporter hors de soi, pour s’assigner lapremière et meilleure place , il est impossible de nepas prendre en aversion tout ce qui nous surpasse,tout ce qui nous rabaisse, tout ce qui nous com-