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Tome I.
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SECOND DIALOGUE.

sûr que , loin de len croire capable, tous saccor-dcroient il ne lui trouver ni goût ni vocation pource métier.

Ce même naturel ardent et doux se fait constam-ment sentir dans tous ses écrits comme dans ses dis-cours. II ne cherche ni névite de parler de ses en-nemis. Quand il en parle , cest avec une fierté sansdédain avec une plaisanterie sans fiel, avec des re-proches sans amertume, avec une franchise sansmalignité. Et de même il ne parle de ses rivaux degloire qu'avec des éloges mérités sous lesquels aucunvenin ne se cache ; ce quon ne dira sûrement pasde ceux quils font quelquefois de lui. Mais ce quejai trouvé en lui de plus rare pour un auteur, etmême pour tout homme sensible , cest la tolérancela plus parfaite en fait de sentiments et dopinions,et léloignement do tout esprit de parti, même en safaveur ; voulant dire en liberté son avis et ses rai-sons quand la chose le demande, et même, quandsou cœur séchauffe, y mettant de la passion ; maisne blâmant pas plus quon nadopte pas son senti-ment quil ne souffre quon le lui veuille ôter, etlaissant h chacun la même liberté de penser quilréclame pour lui-même. Jentends tout le mondeparler de tolérance ; mais je nai connu de vrai tolé-rant que lui seul.

Enfin l'espèce de sensibilité que jai trouvée enlui peut rendre peu sages et très-malheureux ceuxquelle gouverne, mais elle nen fait ni des cerveauxbrûlés ni des monstres : elle en fait seulement deshommes inconséquents et souvent en contradiction