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SECOND DIALOGUE.
gravure. Des jeunes gens inquiets de savoir ce qui tanf
l’occupoit si fort, mais assez polis , contre l’ordi- jusr
naire, pour ne pas s’aller interposer entre l’objet fair
et lui, attendirent avec une risible impatience. Si- mol
tôt qu’il partit, ils coururent à la gravure , et trou- cro;
vèrent que c’étoit le plan des attaques du fort de ni s
Kebl. Je les vis ensuite long-temps et vivement oc- et,
cupés d’un entretien fort animé, dans lequel je com- prii
pris qu’ils fatiguoient leur Minerve à chercher quel son
crime on pouvoit méditer en regardant le plan des nuit
attaques du fort de Kchl. com
Voilà , monsieur, une grande découverte, et dont le c
je me suis beaucoup félicité, car je la regarde comme mér
la clef des autres singularités de cet homme. Do mot
cette pente aux douces rêveries j’ai vu dériver tous choi
les goûts , tous les penchants , toutes les habitudes n'es
de Jean-Jacques , ses vices même et les vertus qu’il mo y
peut avoir. Il n’a guère assez de suite dans ses idées de J 1
pour former de vrais projets ; mais , enflammé par l’auj
la longue contemplation d’un objet, il fait parfois mes
dans sa chambre de fortes et promptes résolutions, qu’à
qu’il oublie ou qu’il abandonne avant d’être arrivé U n'
dans la rue. Toute la vigueur de sa volonté s’épuise l’ava
à résoudre ; il n’en a plus pour exécuter. Tout suit par i
en lui d’une première inconséquence. La même op- salis
position qu'offrent les éléments de sa constitution jour
se retrouve dans scs inclinations , dans ses mœurs, pens
et dans sa conduite. Il est actif, ardent, laborieux, jour
infatigable ; il est indolent, paresseux, sans vigueur : en gl
il est fier, audacieux, téméraire ; il est craintif, ti- l lscmide, embarrassé : il est froid, dédaigneux, rebu- La d
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