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Tome I.
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SECOND DIALOGUE. 219

tant jusquà la dureté ; il est doux , caressant, facilejusquà la faiblesse, et ne sait pas se défendre defaire ou soulTrir ce qui lui plaît le moins. En unmot, il passe dune extrémité à lautre avec une in-croyable rapidité, sans même remarquer ce passage,ni se souvenir de ce qu'il étoit linstant auparavant;et, pour rapporter ces effets divers à leurs causesprimitives, il est lâche et mou tant que la seule rai-son lexcite, il devient tout de feu sitôt qu'il estauimé par quelque passion. Vous me direz que cestcomme cela que sont tous les hommes. Je pense toutle contraire, et vous ne penseriez pas ainsi vous-même, si javois mis le mot intérêt à la place dumot raison, qui dans le fond signifie ici la mêmechose ; car qucst-ce que la raison pratique, si cenest le sacrifice d'un bien présent et passager auxmoyens de sen procurer un jour de plus grands oude plus solides; et quest-ce que lintérêt, si ce nestl'augmentation et lextension continuelle de ces mê-mes moyens? Lhomme intéressé songe moins à jouirquà multiplier pour lui linstrument des jouissances.Il na point proprement de passions, non plus quelavare, ou il les surmonte, et travaille uniquementpar un excès de prévoyance à se mettre en état desatisfaire à son aise celles qui pourront lui venir unjour. Les véritables passions, plus rares quon nepense parmi les hommes, le deviennent de jour enjour davantage ; lintérêt les élime , les atténue, lesengloutit toutes, et la vanité, qui nest quune bê-tise de l'amour-propre, aide encore à les étouffer.La devise du baron de Feneste se lit en gros carac-