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Tome I.
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SECOND DIALOGUE. 221

très de Plutarque furent sa première lecture dansun Age rarement les enfants savent lire. Lestraces de ces hommes antiques firent en lui des im-pressions qui jamais n'ont pu seffacer. A ces lecturessuccéda celle de Cassandre et des vieux romans,qui, tempérant sa fierté romaine , ouvrirent ce cœurnaissant A tous les sentiments expansifs et tendresauxquels il nétoit]à que trop disposé. Dès-lors ilse fit, des hommes et de la société , des idées roma-nesques et fausses , dont tant dexpériences funestesnont jamais bien pu le guérir. Ne trouvant rienautour de lui qui réalisât ses idées , il quitta sa pa-trie encore jeune udolescent, et se lança dans lemonde avec confiance , y cherchant les Aristides ,les Lycurgues, et les AstréeB, dont il le croyoitrempli- Il passa sa vie K jeter son cœur dans ceuxquil crut souvrir pour le recevoir, à croire avoirtrouvé ce quil cherchoit, et à se désabuser., Durantsa jeunesse, il trouva des Ames bonnes et simples,mais sans chaleur et sans énergie. Dans son Age inûr,il trouva des esprits vifs, éclairés et fins , mais faux,doubles et méchants , qui parurent laimer tantquils eurent la première place; mais qui, dès quilssen crurent offusqués, nusèrent de sa confianceque pour laccublcr dopprobres et de malheurs.Enfin, se voyant devenu la risée et le jouet de sonsiècle, sans savoir comment ni pourquoi, il compritque , vieillissant dans la haine publique, il navoitplus rien à espérer des hommes; et, se détrompanttrop tard des illusions qui lavoicnt abusé si long-temps, il se livra tout entier à celles quil pouvoit

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