222 SECOND DIALOGUE.
réaliser tous les jours, et finit par nourrir de ses dra
seules chimères son cœur, que le besoin d’aimer dép
avoit toujours dévoré. Tous ses goûts, toutes ses ron
passions ont ainsi leurs objets dans une autre sphère. ten
Cet homme tient moins h celle-ci qu’aucun autre n > a
mortel qui me soit connu' Ce n'est pas de quoi se p 0 ,
faire aimer de ceux qui l’habitent, et qui, se sen- ,p a i
tant dépendre de tout le monde , veulent aussi que atta
tout le monde dépende d’eux. scri
Ces causes, tirées dos événements de sa vie, au- à S(
roient pu seules lui faire fuir la foule et rechercher cro
la solitude. Les causes naturelles, tirées de sa consti- sur
tution , auroient dû seules produire aussi le même ,. a p
effet. Jugez s’il pouvoit échapper au concours de ces s j r
différentes causes , pour le rendre ce qu’il est aujour- t-il
d’hui, l’our mieux sentir cette nécessité, écartons ma i
un moment tous les faits, ne supposons connu que stai
le tempérament que je vous ai décrit, et voyons ce £
qui devroit naturellement en résulter dans un être son
fictif dont nous n’aurions aucune autre idée. net
Doué d’un cœur très-sensible, et d’une imagina- f 0 j s
tion très vive , mais lent à penser, arrangeant difli- jj ,
cilcmcnt ses pensées , et plus difficilement scs pa- pj;,
rôles, il fuira les situations qui lui sont pénibles , 80 ;.
et recherchera celles qui lui sont commodes ; il se ar t
complaira dans le sentiment de ses avantages, il en s û r
jouira tout à son aise dans des rêveries délicieuses; co ,
mais il aura la plus forte répugnance à étaler sa gau- a h
cherie dans les assemblées ; et l’inutile effort d’être p 0 ,
toujours attentif à ce qui se dit, et d’avoir toujours me
l’esprit présent et tendu pour y répondre, lui ren- tril
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