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SECOND DIALOGUE.
il ne doit pas, cl toutes ses fautes, meme les plusgraves, ne seront «juc «les péchés d'omission : maisc’est par là précisément cpi’il sera le plus en scan-dale aux hommes , qui, ayant mis toute la moraleen petites formules, comptent pour ricnlomal donton s’abstient, pour toute l'étiquette des petits pro-cédés , et sont bien plus attentifs à remarquer lesdevoirs auxquels on manque , qu’à tenir compte deceux qu’on remplit.
Tel sera I llumine doué du tempérament dontj’ai parlé, tel j’ai trouvé celui qu e je viens d’étudier.Son âme forte en ce qu’elle ne se laisse point dé-tourner de son objet, mais foible pour surmonterles obstacles, ne prend guère de mauvaises direc-tions, mais suit hlchcincnt la bonne. Quand il estquelque chose , il est bon , mais [dus souvent il estnut : et c’est pour cela même «pie, sans être persé-vérant , il est ferme ; que les traits de l'adversité ontmoins de [irise sur lui «qu'ils n’auroient sur tout au-Ire boni me j et «pie, malgré tous scs malheurs, sessentiments sont encore [dus affectueux que doulou-reux. Sou cœur, avilie de bonheur et de joie, nepeut garder nulle impression pénible. La douleurpeut le déchirer un moment sans pouvoir y prendreracine. Jamais idée aflligeante n'a pu long-tempsl'occuper. Je l’ai vu, dans les plus grandes calamités«le su malheureuse vie,passer rapidement de la plusprofundc nllliction h la [dus pure joie, et cela sansqu'il reahU pour le moment dans sou Jine aucunetrace îles douleurs qui venoient de la déchirer, quil allnient déchirer encore, et qui conslil noient pourlors son état habituel.